
Écrits et textes critiques
Cette page rassemble des textes critiques et des écrits qui accompagnent la pratique du dessin.
Ils prolongent des pistes de lecture, sans chercher à expliquer les œuvres.
Gilles Lopez,
Une histoire de désengagement
Extrait, 2025
Dans ce texte, Gilles Lopez aborde le dessin comme une forme de désengagement actif.
Il décrit une pratique où les lignes échappent aux territoires figés, refusent la gravité de l’Œuvre et privilégient le jeu, la fuite, la reprise.
« Il semble se jouer un combat discret, un combat de désengagement, où l’indépendance des lignes compte davantage que le partage d’un territoire.Déjouer ne consiste pas à affronter frontalement, mais à se dégager des contraintes de l’espace normatif.
Dans les dessins de Tifane Nomad, les lignes fuient. Elles quittent les formes qui les enferment, abandonnent les culs-de-sac, recommencent ailleurs, plus neuves, sans destin. »
Léon Mychkine
Le vide comme espace actif
Texte critique, 2024
Dans son analyse, Léon Mychkine met en lumière une pratique du dessin fondée sur le contour et le vide.
Il souligne une approche excentrée, aérienne, où le vide n’est pas absence mais condition du mouvement et de la liberté du trait.
« Aborder le dessin par le contour engage immédiatement la question du vide.
Chez Tifane Nomad, le dessin est excentrique : il se déploie hors du centre, laissant respirer l’espace.
Le vide n’est pas un manque, mais une condition active de la liberté du trait. »
NOTES DE PRATIQUE 1
Le dessin comme espace pris
Le dessin s’est imposé comme un espace arraché au quotidien.
Un temps soustrait aux logiques productives, mais chargé de nécessité.
Un lieu où le geste peut se déployer sans finalité imposée.
Tourner la feuille
Faire pivoter le support est un geste central.
Il permet de déjouer la frontalité, de déplacer les repères et d’empêcher la forme de se stabiliser trop vite.
Le dessin reste ouvert.
Ne pas gommer
Ne jamais gommer, c’est accepter chaque trait comme un fait.
Le dessin progresse par inclusion, non par correction.
Tout reste présent, tout peut coexister.
NOTES DE PRATIQUE 2
Multidimension
Le dessin se construit sans point fixe.
Il ne cherche pas à représenter une réalité stable, mais à ouvrir un espace flottant, sans perspective dominante.
Cette instabilité permet aux formes de coexister, de se déplacer, de se redimensionner en permanence.
Tourner jusqu’à voir
Faire tourner la feuille n’est pas une stratégie formelle, mais une nécessité perceptive.
Chaque rotation déplace le regard, empêche la composition de se figer et autorise plusieurs lectures simultanées.
Le dessin progresse par déplacements successifs, non par résolution.
Itération et langage intériorisé
Le geste se répète, mais ne se reproduit jamais à l’identique.
L’itération permet au dessin de devenir un langage intérieur, codé par l’émotion plutôt que par la narration.
Ce qui apparaît échappe en partie au contrôle, laissant place à l’inattendu et à l’interprétation.
Le vide comme condition.
Le vide n’est pas un manque.
Il est une zone de respiration, un espace nécessaire pour que le regard circule et que les formes restent ouvertes.
Faire de la place devient un acte actif, une manière de permettre l’émergence d’autres possibles.